À l’époque, son mari l’avait laissée en charge de la décoration. Il lui avait donné des sous sans calculer, sachant qu’elle ne serait pas dépensière. Et puis ça l’arrangeait, il n’y connaissait rien. Pour le salon, elle avait choisi un motif sobre : de petites rayures brunes sur fond beige qui se marieraient bien avec le cuir des fauteuils. Le mètre était en solde, elle avait fait une affaire incroyable. C’était la pièce la plus réussie.  Aujourd’hui, la tapisserie tient toujours. Son mari est mort. Ses enfants ont descendu le lit et la commode de la chambre à coucher, c’est moins dangereux comme ça, maman. Elle n’a plus besoin de monter à l’étage. Pour faire de la place dans la pièce, ils ont dû se débarrasser des fauteuils. Il ne reste que la bergère. Le salon est devenu sa chambre. Elle n’en sort que rarement.

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Un commentaire pour

  1. s. dit :

    Je trouve celle-ci franchement réussie. Ça me rappelle « micro fictions » en moins psychopathe. J’aime bien aussi quand tu n’évoques pas la photo en elle-même, comme ici. Et plus loin, le texte avec le mec qui masse les pieds de sa femme.

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