Il traînait toujours sur les chemins de terre humide que les cultivateurs laissaient entre leur terre. Le sol était poreux, instable, dangereux. À tout moment, il risquait la chute et la taloche qui s’ensuivrait. Il fallait déjouer les ornières, les orties, éviter les pousses rebelles qui auraient échappé à la minutie du semeur. Perdu dans le no man’s land de son enfance, il s’inventait des guerres sanglantes, des fuites de résistants, des réseaux de contrebandiers. Puis le mois d’août apportait les hauteurs rassurantes des épis de maïs et, seulement alors, se permettait-il de bivouaquer, accroupi, pour ne pas tâcher ses culottes courtes.

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